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Avec le froid, les engelures deviennent un problème. 13 février 2013

Posté par une podologue en gironde dans : pédicurie,podologie,posturologie,santé du pied , trackback

Ces manifestations font partie de l’hypersensibilité au froid et concernent le plus souvent des femmes jeunes et minces ayant un phénomène de Raynaud ou une acrocyanose essentielle.

Les engelures sont une des manifestations de l’hypersensibilité au froid, au même titre que le phénomène de Raynaud et l’acrocyanose essentielle auxquels elles sont d’ailleurs volontiers associées. Elles toucheraient environ 2 % des femmes et seraient cinq fois plus fréquentes chez les femmes que chez les hommes. C’est une pathologie bénigne, de diagnostic clinique complété par quelques examens biologiques simples. Le traitement est essentiellement préventif.

LES ASPECTS CLINIQUES

-› Les engelures sont des lésions inflammatoires cutanées localisées aux extrémités : orteils, talon, doigts, nez, oreilles, déclenchées par l’exposition au froid et/ou à l’humidité. Aux orteils, l’ensemble de l’orteil peut être boursouflé et violacé.

-› Le prurit est intense, lié à l’œdème, et s’aggrave lors des passages du froid au chaud. L’œdème s’il est important, peut provoquer l’apparition de bulles qui laisseront place à des érosions superficielles. Les pieds sont plus fréquemment atteints en raison du frottement dans les chaussures. Il n’est pas rare que l’engelure ne touche qu’un orteil exposé de par son anatomie, aux frottements.

-› L’engelure, une fois les facteurs aggravants contrôlés, guérit en deux à trois semaines, en passant parfois par une phase ecchymotique laissant des petites taches brunes qui permettent à l’occasion de faire le diagnostic a posteriori. L’engelure peut se compliquer de surinfection, favorisée par le grattage. L’engelure ne donne jamais de nécrose cutanée.

Il s’agit dans près de 90 % des cas de femmes jeunes (âge moyen 33 ans), ayant dans plus de 70 % des cas une hypersensibilité au froid associée, soit phénomène de Raynaud, soit acrocyanose essentielle. Ces jeunes femmes sont minces et l’on retrouve dans la moitié des cas une perte de poids dans les deux ans précédant les engelures.

Dans la série parisienne, un quart des patients avait pris des médicaments vasoconstricteurs avant l’apparition des engelures (bêtabloquants par voie orale ou collyre, dérivés de l’ergot de seigle ou triplans chez des migraineux) .

Il n’y a pas de littérature sur le sujet. La cause des engelures serait une vasoconstriction prolongée déclenchée par le froid et qui provoquerait une hypoxie cutanée conduisant aux lésions observées.

Le cas particulier des gelures

-› La gelure n’a rien à voir avec l’engelure si ce n’est qu’elle est provoquée par le froid. Il s’agit du gel de la peau, dans 85 % des cas au niveau des extrémités, doigts ou orteils, provoqué par l’exposition plus ou moins longue à une température inférieure à 0°c. Il existe une vasoconstriction intense initiale, suivie d’une cristallisation du milieu extracellulaire, puis d’une déshydratation et d’une mort cellulaire.

-› Les deux circonstances de survenue actuelles sont la pratique des sports de montagne (ski, alpinisme) et la survenue chez des patients sans domicile fixe, surtout s’il existe une neuropathie alcoolique associée qui va masquer les douleurs.

Les engelures sont une pathologie bénigne, même si elles peuvent être invalidantes. On ne dispose pas d’études de suivi dans le temps, mais on sait que pour le phénomène de Raynaud primitif, l’acrosyndrome disparait dans 30 à 50 % des cas au bout de dix ans de suivi. Notre impression est que les engelures évoluent de la même façon à condition de respecter les règles de prévention.

Le traitement doit être avant tout préventif

Le port de chaussures larges, confortables et chaudes est une mesure simple qui peut permettre d’éviter les récidives d’engelures. La confection de semelles ou d’orthèses de protection des orteils est à envisager lorsque les engelures récidivent au même endroit, sur un orteil ou sur une plante déformée.

Cette même étude montrait que les engelures survenaient chez des patients ayant une hypersensibilité au froid, telle un phénomène de Raynaud et/ ou une acrocyanose dans 80 % des cas, et qu’une prise de médicaments vasoconstricteurs contemporaine des engelures était retrouvée dans 20 % des cas.

Il est utile de conseiller aux patients, si cela est médicalement possible, d’arrêter les médicaments vasoconstricteurs, tels les bêtabloquants par voie orale ou locale (collyres prescrits pour le glaucome), les dérivés de l’ergot de seigle, et d’éviter de prendre l’hiver des vasoconstricteurs ORL par voie orale ou nasale.

La minceur est également un facteur favorisant, notamment un amaigrissement récent (3).

C’est l’occasion également de proposer un arrêt de l’intoxication tabagique.

Si ces mesures hygiéniques ne suffisent pas, et si les engelures récidivent régulièrement, le seul traitement préventif étudié est l’utilisation d’inhibiteurs calciques.

EN CONCLUSION

Les engelures font partie de l’hypersensibilité au froid et concernent le plus souvent des femmes jeunes et minces ayant un phénomène de Raynaud ou une acrocyanose essentielle. Les diagnostics différentiels se discutent lorsqu’il y a une atypie dans la présentation clinique (atteinte exclusive des mains, survenue en dehors du froid, début tardif ou survenue chez l’homme fumeur ou absence de phénomène de Raynaud ou d’acrocyanose essentielle). Le bilan biologique raisonnable devant une première poussée d’engelures peut comprendre une numération formule sanguine et la recherche de facteurs antinucléaires.

-› Dans tous les cas, les conseils d’hygiène de vie sont indispensables et peuvent suffire à éviter les récidives. L’apport du podologue sera déterminant dans le cas d’engelures récidivantes sur certains points d’appui ou de frottement.

-› Si malgré ces mesures, les engelures récidivent et si elles sont invalidantes, une consultation chez son médecin traitant ou chez un spécialiste de type cardiologue ou phlébologue sera indispensable.

Encore une fois, attention aux engelures chez un bébé ou chez un jeune enfant porté en « sac à dos » durant les sports d’hiver ou durant des marches par grand froid, les orteils ou des pieds gelés chez de très jeunes enfants conduisent à des amputations tous les ans !

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